Le traitement de l’incontinence

L´incontinence urinaire est une perte involontaire des urines. La capacité à retenir ses urines est assurée par un appareil sphinctérien situé sous le col de la vessie, autour de l´urètre. Le sphincter est formé de deux composantes musculaires qui ont une commande nerveuse différente. Un des deux composants obéit à la volonté tandis que l´autre est autonome. Il existe normalement une inhibition réflexe réciproque entre la vessie et les muscles sphinctériens : quand l´une se contracte, les autres se relâchent et inversement. L´incontinence urinaire résulte soit d´un dysfonctionnement musculaire (lésion du sphincter et/ou des autres muscles du périnée), soit d´une anomalie neurologique affectant le sphincter et/ou la vessie.

On distingue plusieurs types d´incontinence urinaire :

L´incontinence urinaire d´effort (IUE) survenant lors des efforts qui augmentent la pression abdominale (toux, éternuement, rire…). Elle représente plus 50% des incontinences chez la femme et est due à une défaillance pelvi-périnéale entrainant des troubles sphinctériens de l´urètre mobilisé lors des hyper pressions de la cavité abdominale.
L´incontinence par impériosité due à des contractions involontaires de la vessie qui donnent une envie pressante d´uriner.
L´incontinence par regorgement lorsque la vessie distendue fuit par trop plein.
L´incontinence due à des troubles neurologiques de la vessie et des sphincters (vessie neurologique).
• L´incontinence secondaire à une lésion sphinctérienne survenue lors d´un traumatisme (fractures, accouchement, intervention chirurgicale, fistule vésico-vaginale).
L´incontinence par abouchement ectopique d´un uretère au-delà du système sphinctérie

Le diagnostic de l´incontinence est suspecté lors d´une consultation par l´interrogatoire et confirmé par un examen clinique et des examens complémentaires.
 
L´interrogatoire précise le type d´incontinence, le retentissement social, les antécédents obstétricaux et chirurgicaux et l´importance des fuites par l´élaboration d´un calendrier mictionnel avec le bilan des entrées (boissons) et des sorties (fuites).
 
L´examen clinique gynécologique et des muscles du périnée au repos et lors d´efforts de poussée, oriente vers le type d´incontinence.
 
Le Bilan Urologique Dynamique (BUD) apprécie le fonctionnement de la vessie et du sphincter. Il permet de détecter une hyperactivité vésicale (contractions fréquentes et désinhibées du muscle vésical) dont la traduction est une incontinence par impériosité. Lorsqu´on suspecte une cause neurologique on peut être amené à demander un électromyogramme, une IRM médullaire...
 

Le traitement dépend du type et de la cause de l´incontinence.
 
L´incontinence urinaire d´effort de la femme peut être traitée de multiples façons, à commencer par la rééducation. Elle donne des résultats après une quinzaine de séances. Elle nécessite une volonté personnelle prolongée. Elle a un intérêt pour le renforcement de la musculature et du tonus vésical. Plusieurs techniques existent : rééducation manuelle, électrostimulation, bio feedback, l´éducation mictionnelle (comportement et calendrier mictionnel). En cas d´échec de la rééducation, le traitement de choix est chirurgical pour l´incontinence d´effort. De nombreuses techniques sont possibles, allant d´une intervention courte sous anesthésie locale à la pose d´un sphincter artificiel. Plusieurs techniques proposent de pallier la défaillance du soutien périnéal : pose de bandelettes, frondes prothétiques, injections péri-urétrales.
 
L´incontinence par impériosité relève d´avantage du traitement médical et de la rééducation. Les médicaments anti cholinergiques antispasmodiques permettent de réduire le nombre de contractions désinhibées de la vessie. Les Alpha stimulants pseudo éphédrine et les bêta-bloquants ont une action sur le tonus urétral. Les benzodiazépines et les alpha-bloquants diminuent le tonus urétral.
Une stimulation nerveuse, par implant d´une électrode au contact d´une racine nerveuse (neuromodulation sacrée) , est parfois proposée dans les troubles rebelles aux traitements classiques.

L´incontinence par lésion organique du sphincter (après chirurgie par exemple) peut être traitée par rééducation ou par l´implantation de matériel synthétique dans la région du sphincter, ou la pose d´un sphincter artificiel.

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